Mannequins, chéries, sex-symbols, excitantes et aguichantes sans se faire vulgaires, les pinups sont depuis des décennies symbolisées par leurs concepteurs comme les demoiselles parfaites.

Pinups et photos de pin up


Image photographique ou illustration dans une posture séduisante ou sexy, le terme anglo-saxon pin up girl signifie littéralement dans la langue de Molière « jeune fille épinglée au mur ». C’est à l’aube du vingtième siècle que la belle se fait un emblème de charme et d’érotisme, et ne cessera jamais d’être réinventée et fantasmée. Peu après la venue des épreuves photographiques dans l’hexagone durant les années 1830, les toutes premières images charnelles pointent le bout de leur nez. La démarche est alors académique, ou bien parfois destinée au marché noir, sur lequel on retrouvait de temps à autres des photos de pin up à prix exorbitants. Suite aux avancées technologiques toujours plus performantes, la fabrication de photos érotiques explose littéralement, et loi du marché oblige, le prix de ces dernières diminue ; reste que la vente demeure interdite et les hautes instances réprimandent les vendeurs, les artistes et les mannequins dès la moitié du dix-neuvième siècle. Comme des coups d’épée dans l’eau, le nombre de clichés érotiques croît tout de même et une tranche non négligeable de la production est exportée chez les anglais et les américains. L’impression par point de trame « n’améliore pas » le contexte, et la propagation des photos de pin up et autres revues érotiques n’en est qu’à ses balbutiements. Preuves en sont les premières pinups célèbres, Gibson Girl et Christy Girl, du patronyme de leurs créateurs Charles Dana Gibson et Howard Chandler Christy.

Des photos de pinups du marché noir à la lumière

Dès les années 30, la gente populaire, que l’on soit un homme ou une femme, perçoit agréablement bien ce phénomène artistique nouveau, qui s’avère en réalité être une certaine allégorie de la femme moderne et épanouie, en même temps raffinée et séduisante. Les pin up apparaissent ainsi très fréquemment, et deviennent actrices à part entière de pulp magazines ou autres comics interdits aux plus jeunes. Se créent alors d’innombrables manières de représenter les pinups – à chacun son pin up style ! -. Alberto Vargas en est le parfait exemple et peint à l’aérographe les célèbres Vargas Girls pour la revue Esquire. Les premiers pin up boys pointent également le bout de leurs muscles, tout droit issus des fantasmes de talentueuses illustratrices comme Zoë Mozert , Joyce Ballantyne ou encore Pearl Frush. A noter tout de même que c’est uniquement dans les années quarante que le terme pin ups apparait pour faire référence à ces jolies demoiselles fixées aux murs des maisons, granges et garages.

Lors de la 2nde guerre mondiale, les pin ups font face à un incroyable élan de popularité, pas uniquement au sein de la classe moyenne, mais principalement dans l’armée américaine, où les soldats s’apprêtent à débarquer sur les plages normandes. Des reproductions en tout genre de pinups s’invitaient dans leur paquetage, et certains pilotes pratiquaient le nose art, en peignant le nez de leur engin volant à l’effigie des belles américaines arborant les journaux Yank et Army Weekly. Les fifties ne ralentissent pas leur succès, bien au contraire, et débute le temps béni des pin up de l’autre côté de l’atlantique. Les pinup models germent partout où ils peuvent, des couvertures revues aux quotidiens en passant par les posters et autres almanachs populaires. Aujourd’hui encore les collectionneurs s’arrachent ces pièces symboliques d’une époque faste pour les États-Unis. L’apothéose des pin up vintage se poursuit tout au long des seventies, où la publicité leur permet de continuer à tenir le haut de l’affiche.

Une pin up de plus en plus déshabillée

Dès la fin des années 70, l’avènement des revues érotiques et pornographiques telles que Playboy ou Penthouse vient progressivement déranger l’hégémonie des pin up 50s, au bénéfice de créatures nues et charnelles. Fort heureusement, le rockabilly dress et le pin up clothing reviennent tambour battant ces dernières années, profitant d’un regain d’intérêt sans précédent pour la mode vintage et les bombshells.